Le TDAH, ou trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, est un trouble du neurodéveloppement. Il ne correspond ni à un manque d’intelligence, ni à un défaut de volonté ou de motivation. Il concerne surtout la manière dont le cerveau régule l’attention, l’impulsivité, l’organisation et le passage à l’action.
Chez certaines personnes, il s’accompagne de difficultés d’automatisation. Cela signifie que des activités qui deviennent progressivement « automatiques » pour d’autres continuent à demander un effort conscient important. Par exemple, préparer ses affaires, suivre une routine, ranger, répondre à un message, commencer une tâche ou vérifier que l’on n’a rien oublié peut nécessiter une mobilisation constante. La personne sait généralement ce qu’elle doit faire, mais elle peine à le faire de façon régulière, au bon moment et sans épuisement.
Ces difficultés sont liées notamment aux fonctions exécutives, que l’on peut comparer au « chef d’orchestre » du cerveau. Elles permettent de commencer une tâche, de planifier les différentes étapes, de maintenir son attention, de garder des informations en mémoire, de hiérarchiser les priorités, d’évaluer le temps nécessaire, de s’adapter à un changement et de terminer ce qui a été commencé. Lorsque ces fonctions sont fragiles, la personne peut procrastiner, se sentir rapidement débordée, oublier des rendez-vous, perdre des objets ou alterner entre une grande dispersion et une concentration très intense sur ce qui l’intéresse.
L’inhibition peut également être moins efficace. L’inhibition est la capacité à créer un petit temps d’arrêt entre une pensée, une émotion ou une envie et l’action qui suit. Lorsqu’elle est fragile, on peut couper la parole, répondre trop rapidement, agir ou acheter sur une impulsion, prendre une décision sous le coup de l’émotion ou avoir du mal à s’arrêter une fois une activité commencée. Il ne s’agit pas d’une absence de conscience des conséquences, mais d’une difficulté à les prendre suffisamment en compte au moment d’agir.
Sur le plan relationnel, cela peut entraîner des malentendus. Les oublis, les retards, les interruptions, les changements de sujet, les réactions émotionnelles rapides ou la difficulté à maintenir un contact régulier peuvent être interprétés comme du désintérêt, de l’égoïsme ou un manque de respect. Pourtant, ils peuvent être liés au fonctionnement attentionnel et à l’impulsivité. Les expériences répétées d’échec, de reproche ou d’incompréhension peuvent également fragiliser l’estime de soi, favoriser le retrait social ou rendre la personne particulièrement sensible à la critique et au rejet.
L’impulsivité et la recherche de stimulation peuvent enfin augmenter certaines prises de risque : conduite trop rapide ou distraite, décisions précipitées, consommation excessive, sexualité insuffisamment protégée, dépenses impulsives ou engagement dans une situation sans avoir mesuré toutes ses conséquences. Ces risques ne concernent pas toutes les personnes présentant un TDAH, mais ils justifient de mettre en place des stratégies de protection concrètes lorsqu’ils existent. En cas de danger immédiat ou de conduites difficiles à contrôler, il est effectivement important d’en parler rapidement à un médecin.
Le dépistage ne constitue pas à lui seul un diagnostic. Le diagnostic de TDAH demande une évaluation clinique globale, généralement menée par un professionnel de santé compétent dans ce trouble. Elle étudie l’histoire de la personne depuis l’enfance, la présence des difficultés dans plusieurs domaines de vie, leur retentissement et les autres causes ou troubles pouvant expliquer ou aggraver les symptômes. Cette démarche peut prendre du temps et comporter plusieurs rendez-vous. Elle permet cependant de mieux comprendre le fonctionnement de la personne et de proposer une prise en charge adaptée.
Il n’est pas toujours nécessaire d’attendre la fin de tout ce parcours pour commencer à agir sur les difficultés quotidiennes. Un accompagnement psychopédagogique, réalisé par un professionnel formé au TDAH et si possible coordonné avec les professionnels de santé, peut permettre de repérer les situations problématiques et d’expérimenter des outils concrets : routines visuelles, découpage des tâches, rappels externes, gestion du temps, préparation des transitions, réduction des distractions, techniques de régulation émotionnelle et stratégies de prévention des comportements impulsifs.
Cet accompagnement ne remplace pas le diagnostic médical et ne préjuge pas de celui-ci. Il constitue néanmoins une solution utile pour ne pas rester sans aide pendant le parcours d’évaluation, diminuer le retentissement des difficultés et commencer à retrouver davantage de maîtrise dans la vie quotidienne. L’objectif n’est pas de vous faire entrer dans une étiquette, mais de comprendre ce qui vous met en difficulté, de reconnaître vos ressources et de trouver des moyens adaptés pour vous soulager.
Je reste bien entendu à votre disposition pour répondre à vos questions et vous accompagner dans cette démarche.
Psychopédagogue, sophrologue et praticien EMDR, j’accompagne les enfants, les adolescents et les adultes afin de les aider à mieux comprendre leur fonctionnement et à mieux vivre avec leur TDAH au quotidien.
Mon accompagnement associe la remédiation cognitive, qui permet de développer des stratégies concrètes pour soutenir l’attention, l’organisation, la mémorisation et la régulation de l’impulsivité, à des techniques de sophrologie complémentaires. Celles-ci contribuent notamment à mieux gérer le stress, les émotions, la fatigue et la confiance en soi.
Cet accompagnement personnalisé ne remplace pas le parcours diagnostique ni le suivi médical. Il peut toutefois être mis en place sans attendre afin de commencer à alléger les difficultés quotidiennes, de valoriser les ressources de chacun et de retrouver progressivement davantage d’autonomie et de sérénité.
