Aequae : Comment la Sophrologie peut agir sur les pensées négatives au quotidien

28 Oct 2026

Apprendre à prendre du recul quand le mental tourne en boucle

« Je ne vais pas y arriver. » « J’ai encore tout raté. » « Et si cela se passait mal ? » Vous vous couchez après une longue journée, mais votre esprit reprend une conversation, anticipe le lendemain ou s’attarde sur un détail. Vous aimeriez souffler. Les mêmes phrases reviennent.

Face à ces pensées, la sophrologie propose un temps pour revenir aux sensations du corps, à la respiration et à ce qui se passe ici et maintenant. Une manière d’explorer une relation plus apaisée à soi, avec des attentes réalistes.

Reconnaître les pensées qui prennent toute la place

Une pensée négative peut prendre la forme d’une anticipation, d’une autocritique ou d’un jugement très général : « Je rate toujours tout. » Lorsqu’elle se répète, elle peut finir par sembler incontestable. Pourtant, une pensée reste une interprétation à examiner.

Imaginez un message resté sans réponse. Vous pensez : « J’ai dû dire quelque chose de mal. » D’autres explications existent : la personne travaille, a oublié ou souhaite répondre plus tard. Prendre du recul consiste à laisser une place à ces possibilités, tout en reconnaissant ce que vous ressentez. [1]

Revenir au corps avec la sophrologie

La sophrologie associe notamment des exercices de respiration, de relaxation et d’évocation d’images agréables. La séance invite à porter attention à des sensations concrètes : les pieds sur le sol, le mouvement naturel du souffle, les épaules que l’on peut relâcher. [2]

Ce retour au corps offre un autre point d’attention lorsque le mental s’accapare tout l’espace. Vous pouvez observer ce qui se passe en vous : une mâchoire serrée, une posture crispée, ou simplement le contact du fauteuil. L’expérience varie d’une personne à l’autre et d’un jour à l’autre.

La pratique peut aussi inviter à évoquer un moment agréable ou une situation dans laquelle vous vous êtes senti capable. Ce souvenir sert de support à l’exercice, à votre rythme. Vous restez libre de choisir une autre proposition si cette évocation vous met mal à l’aise.

Quelques minutes pour faire une pause

Voici une proposition douce inspirée de l’attention au corps et à la respiration. Installez-vous dans un endroit calme et gardez les yeux ouverts si cela vous convient mieux.

  1. Retrouvez vos appuis. Assis confortablement, observez le contact de vos pieds avec le sol et celui de votre dos avec le dossier. Laissez vos mains reposer sans effort.
  2. Laissez respirer votre corps. Suivez quelques respirations à votre rythme habituel, sans les amplifier ni retenir votre souffle. Si cela vous est agréable, relâchez légèrement les épaules à l’expiration.
  3. Accueillez ce qui se présente. Si une pensée revient, vous pouvez simplement constater : « Cette inquiétude est là. » Puis ramenez doucement votre attention à un appui ou à un objet devant vous.
  4. Reprenez contact avec la pièce. Regardez autour de vous, bougez les mains et observez comment vous vous sentez. Vous pouvez ensuite choisir une petite action accessible : noter une tâche, demander une précision ou vous accorder une pause.

Si vous ne ressentez aucun apaisement, vous n’avez rien raté. Si l’exercice augmente votre inconfort, arrêtez-le et revenez à une activité familière.

Se parler avec davantage de justesse

Après cette pause, vous pouvez revenir à la pensée avec une question simple : « Qu’est-ce qui me permet de l’affirmer ? » ou « Que dirais-je à un proche dans la même situation ? » Une formulation plus nuancée pourrait être : « Cette situation me met en difficulté et je peux demander de l’aide. »

Cette façon d’examiner ses pensées s’inspire des approches cognitives ; elle n’est pas propre à la sophrologie. Elle permet de chercher une perspective plus réaliste, sans exiger de se sentir positif à tout prix. [1]

Choisir un accompagnement adapté

La sophrologie peut s’inscrire dans une démarche de bien-être complémentaire. Son efficacité spécifique sur les pensées négatives ne doit pas être présentée comme établie : le rapport Inserm de 2020 soulignait l’insuffisance des études pour conclure à son efficacité thérapeutique. [2]

Lorsque les pensées deviennent envahissantes, s’accompagnent d’une tristesse persistante ou perturbent durablement le sommeil et la vie quotidienne, un médecin ou un psychologue peut aider à évaluer la situation et proposer une prise en charge adaptée.

Au cabinet AEQUAE, à Lyon 4, un premier échange permet de préciser vos attentes et d’envisager la place de la sophrologie dans votre accompagnement.

Silvain Marvié · Sophrologue, psychopédagogue et praticien EMDR

Sources

[1] NHS · Reframing unhelpful thoughts

[2] Inserm · Évaluation de l’efficacité et de la sécurité de la sophrologie · Rapport 2020