Vous recevez un compliment et vous répondez aussitôt : « Ce n’était pas grand-chose. » Vous terminez une journée bien remplie, mais vous retenez surtout ce que vous n’avez pas réussi à faire. Vous trouvez facilement des qualités aux autres, tandis que les vôtres restent difficiles à nommer.
Ces situations peuvent inviter à réfléchir à la place que vous vous accordez. Quelle attention portez-vous à vos besoins ? Comment vous parlez-vous lorsque vous traversez une difficulté ?
La sophrologie propose un espace pour explorer ces questions à travers l’attention au corps, la respiration et l’évocation de ressources personnelles.
Comprendre l’estime de soi
L’estime de soi correspond au regard que nous portons sur nous-mêmes et à la valeur que nous nous accordons. Lorsqu’elle est fragilisée, des jugements comme « Je ne suis pas intéressant » ou « Je ne suis jamais à la hauteur » peuvent être vécus comme des vérités. Un regard plus équilibré permet de reconnaître ses qualités tout en acceptant ses limites.
On peut distinguer l’estime de soi de la confiance en soi : la confiance concerne davantage le sentiment de pouvoir accomplir quelque chose ; l’estime touche à la manière dont on se considère.
Vous pouvez, par exemple, douter de votre capacité à prendre la parole devant un groupe tout en reconnaissant que votre opinion mérite d’être entendue.
Votre valeur mérite une place qui dépasse vos performances du jour.
Quelle place pour la sophrologie ?
La sophrologie associe notamment des exercices de respiration, de relaxation et d’évocation positive. Dans un accompagnement autour de l’estime de soi, ces pratiques peuvent être proposées pour explorer ses sensations et ses ressources, sans objectif de performance.
Une séance peut ainsi inviter à observer ses appuis, à laisser respirer son corps à son rythme ou à remarquer une tension. Vous prenez un temps pour vous demander : « Comment est-ce que je me sens, maintenant ? »
Le praticien peut également proposer d’évoquer une situation dans laquelle vous avez mobilisé une qualité : faire preuve de patience, demander de l’aide, exprimer une préférence ou poursuivre un apprentissage malgré une difficulté.
L’intention est de donner une place à ces expériences, parfois rapidement oubliées. Le vécu reste personnel : certaines propositions vous parleront davantage que d’autres.
Un exercice pour reconnaître une ressource personnelle
Voici une courte proposition inspirée de la pratique sophrologique. Vous pouvez l’essayer dans un endroit calme, en gardant les yeux ouverts si cela vous convient mieux.
1. Prenez le temps de vous installer.
Asseyez-vous confortablement. Observez le contact de vos pieds avec le sol et de votre dos avec le dossier. Laissez votre respiration suivre son rythme naturel.
2. Choisissez un moment simple.
Évoquez une situation récente dans laquelle vous avez fait quelque chose qui compte pour vous. Il peut s’agir d’avoir écouté un proche, terminé une petite tâche ou respecté votre besoin de repos.
3. Identifiez ce que vous avez mobilisé.
Quelle qualité était présente ? De l’attention, de la persévérance, de la créativité ? Choisissez un mot qui vous semble juste, même modestement.
4. Observez votre expérience.
En gardant ce souvenir à l’esprit, remarquez ce qui se passe dans votre corps, sans chercher une sensation particulière. Vous pouvez ensuite noter : « Dans cette situation, j’ai fait preuve de… »
Si aucun souvenir ne vient, laissez cette étape de côté et revenez simplement à vos appuis. Vous pouvez arrêter l’exercice à tout moment s’il vous met mal à l’aise.
Faire une place à ses besoins au quotidien
Le travail autour de l’estime de soi se prolonge dans les gestes ordinaires. Reconnaître une qualité, recevoir un compliment sans le minimiser ou exprimer une limite sont des pistes à explorer progressivement. Se parler avec la même considération qu’à un proche peut également aider à nuancer l’autocritique.
Cela peut commencer par une phrase très concrète : « J’ai besoin d’un peu de temps pour répondre » ou « Je suis déçu de ce résultat, et je peux regarder ce que j’ai appris. »
Choisissez une démarche qui vous paraît accessible. Elle peut rester petite.
Se faire accompagner à son rythme
La sophrologie peut être envisagée comme un accompagnement complémentaire de bien-être. Il convient de garder des attentes réalistes : le rapport Inserm de 2020 soulignait l’insuffisance des études permettant de conclure à son efficacité thérapeutique.
Lorsque la dévalorisation devient persistante ou entraîne une souffrance importante, un psychologue ou un médecin peut aider à déterminer l’accompagnement adapté. Les psychothérapies, notamment cognitives et comportementales, peuvent travailler directement sur ces difficultés.
Au cabinet AEQUAE, à Lyon 4, je vous accueille pour faire le point sur vos attentes et envisager la place de la sophrologie dans votre démarche, en tenant compte de votre rythme et de vos besoins.
